30 bonnes pratiques pour créer un jeu de société

Vous voici seul face à votre idée de jeu de société, sans trop savoir par ou commencer. Est-ce qu’il faut créer seul, faut-il partager cette idée, quelles ressources ai-je à ma disposition ?
Afin d’améliorer vos chances d’aboutir à la conception de votre jeu, j’ai compilé une liste des 30 conseils pratiques pour créer un jeu de société.

1 – Lire mes conseils sur creationjeudesociete.fr

Vous savez, il faut un début à tout. Et s’il y avait un commencement, je vous dirais que vous êtes exactement à la bonne adresse. Donc je vous félicite.
Je m’efforce de compiler les ressources que je trouve sur internet, en m’appuyant sur les retours d’expériences d’autres auteurs et également ma propre aventure dans la conception de jeux.

2 – Noter toutes ses idées

Cela peut paraître anodin mais c’est essentiel, je vous assure.
Le cerveau est capable de stocker énormément d’informations. Mais il vous sera difficile de faire le tri. C’est pour cette raison que j’ai pris l’habitude de noter toutes mes idées lorsqu’elles jaillissent en utilisant des outils modernes de mon smartphone (qui me suit partout) tels que Google Keep et l’enregistreur vocal. À moins que vous ne préfériez un bon vieux cahier d’écolier ?

3 – Jouer à d’autres jeux

C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Il faut cultiver sa passion pour le jeu, rester à l’affût des nouvelles techniques et des nouveautés de conception. Mon conseil : acheter régulièrement des jeux et/ou jouer en club ou en association.

Les jeux que vous recherchez ne se trouvent pas dans les hypermarchés. Certains sont disponibles dans des magasins de jouets (King Jouet, Grande Récré) mais pour trouver votre bonheur, rien de tel que de discuter avec un spécialiste d’une boutique de jeux originaux près de chez vous.
Vous pouvez également acheter en ligne sur Philibert, Esprit jeu ou Sortilèges.
Je vous propose de vous abonner au groupe Facebook Le marché aux jeux de vente de jeux d’occasion.

4 – Ébaucher son premier prototype

Vous avez vos croquis, vous pouvez entamer la phase de création de votre prototype. Faites simple et rapide. Hey, je ne veux pas vous effrayez, mais vous aller au moins concevoir une dizaine de versions avant d’aboutir au prototype final parfaitement équilibré.
Mon conseil : utilisez uniquement du papier et un feutre noir. C’est amplement suffisant.

5 – Créer un prototype réutilisable

Vous avez suivi l’étape 4 ? Parfait, après plusieurs heures de tests, vous pouvez procéder à la conception d’un prototype plus résistant pour supporter les innombrables heures de jeu qui vont suivre.
Mon conseil : il faut être équipé et avoir un peu de matos. Ordinateur, imprimante, colle, papier 250g, logiciels de création graphique, plastifieuse…

6 – Tester et re-tester son jeu

Dans un premier temps, je vous conseille de tester votre jeu dans le cadre familial. C’est un cadre rassurant, et les premières critiques vous aideront à améliorer les points que vous n’avez pas vu.
Cependant, ce n’est pas suffisant, et parfois contre productif car la famille a forcément un regard complaisant sur votre création. Il vous faudra donc tester votre jeu avec des amis puis le soumettre en club.
Enfin, l’étape ultime : tendre les règles à des joueurs inconnus, sans mot dire, et analyser leur réaction.

7 – Innovez, par pitié

Je vous en supplie, ne réutilisez pas les sempiternels principes des jeux de plateaux hyper commerciaux tels que « jeux de l’oie », « échecs » ou « Monopoly ».
Le système de cartes à collectionner est également usé et épuisé.
Votre concept doit être suffisamment novateur, à commencer par le plateau. Mon credo, c’est le plateau qui se construit au fur et à mesure de la partie, de manière à provoquer la découverte à chaque fois.

Tout à l’inverse, il est tout à fait possible d’innover dans le système Legacy, ou chaque partie jouée modifiera définitivement le comportement de la suivante, jusqu’à aboutissement du scénario. Tels que Pandemic Legacy ou Risk Legacy. Ce type de jeu a une durée de vie, mais selon l’impression de joueurs, l’immersion est totale et le jeu jouissif. Je n’ai pas encore eu l’occasion de tester.

8 – N’utilisez plus le dé pour déterminer un déplacement

Je jette le dé, j’avance de 5 cases… pardon mais c’est has-been.
Quand je vous parle d’innovation, ça vaut également dans la mécanique. Rares sont les jeux proposant un système de déplacement en jetant un seul dé à 6 faces. On ne base plus un jeu sur l’aspect aléatoire du déplacement, c’est démodé.

9 – N’essayez pas de trop simuler la réalité

Je vous donne un exemple. Une vache a besoin d’herbe pour créer du lait. Au lieu de créer des cartes ou des jetons « herbe », « lait » et « vache », utilisez des petits cubes de bois de couleur. On les utilise aujourd’hui énormément pour symboliser des ressources. C’est une méthode abstraite très efficace et n’enlève rien au charme du jeu.

10 – N’abusez pas des effets de tours de jeu

Éviter de reposer votre mécanique sur les effets anxiogènes et frustrant pour un joueur comme « perdre son tour ». Ça ne rend pas le jeu meilleur.
De la même manière, évitez l’élimination d’un joueur en pleine partie. C’est encore plus frustrant. À moins que cela ne se produise seulement quelques minutes avant la fin de partie.

11 – Les règles du jeu doivent être comprises rapidement

Certains joueurs vont apprécier dépenser plus d’une heure à lire des règles, et les petites exceptions en bas de page. Certains joueurs seulement. Tous les autres (moi y compris) apprécions des règles claires et rapides, avec des beaux schémas.
Mon conseil : découpez une partie typique par étape, de manière à immerger les joueurs dans l’ambiance le plus tôt possible. Distillez ensuite les règles avancées au fur et à mesure de la partie.

12 – Optimisez les mouvements

Si des joueurs démarrent la partie à chaque fois de la même façon, alors débutez le jeu à ce moment précis. Inutile de reproduire un schéma linéaire et ennuyant.

13 – Factorisez les décisions

Hé oui, un peu de maths !
Je vous donne un exemple : si pour un cube, je peux acheter une carte, et que pour deux cubes, je peux en obtenir 3… l’achat d’une seule carte est moins intéressant.
Donc réduisez les décisions du joueur à celles qui sont le plus profitables pour lui.

14 – L’équilibrage doit être transparent pour le joueur

L’équilibrage, qu’est-ce que c’est ?
L’équilibrage dans un jeu, c’est d’obtenir l’équité entre chaque joueur. Aucun ne doit avoir l’avantage sur l’autre.  Le plus simple est de fournir les mêmes ressources à tous les joueurs, c’est l’équilibrage symétrique.
Pour un équilibrage non-linéaire, et c’est tout l’art de l’équilibrage, il faut ajuster tous les paramètres pour assurer une expérience optimale.

Exemple : Alfred a une carte d’un guerrier qui avance de 3 et a une force de 5.
Jacques a un magicien qui a avance de 5 et a une force de 3.

L’idée est que l’équilibrage doit être rendu de manière transparente, mais pas forcément linéaire. Il ne faut pas que cela soit l’objectif du joueur.
Exemple d’équilibrage linéaire :
– passer l’étape 1 pour gagner 1 point d’expérience (XP), passer l’étape 2 pour gagner 2 XP et ainsi de suite.
Un autre style d’équilibrage non linéaire pourrait-être :
– passer l’étape 1 pour gagner 1 XP, passer l’étape 2 pour gagner 3 XP, puis l’étape 3 pour en gagner 5.

15 – Voler un adversaire est plus efficace que de gagner par le jeu

Ça c’est une idée intéressante, n’est-ce pas ?
Vous pouvez rompre la linéarité d’une fin de partie avec cette pratique. Un joueur peut gagner en volant un adversaire (cartes, ressources). C’est plus amusant et surtout cela génère de l’interaction.

16 -Identifier les cas particuliers ou extraordinaires

Des cas de figure particuliers pourront se produire et peuvent ruiner une expérience de jeu. Même s’il y a une chance sur 100 que cela se reproduise, fatalement, ça pourrait se reproduire. Il faut donc résoudre le problème afin d’éviter les frustrations et de ruiner une expérience de jeu.
Il n’existe pas de recette miracle pour les découvrir, à part jouer, et encore jouer.

17 – Simplifier les règles

Le but est d’éviter les exceptions, des cas minoritaires et cas spéciaux.
Dans le cas ou un joueur est incapable de produire une action à cause d’une règle arbitraire, il faut se poser la question si cette règle a du sens.
Il faut que ce soit logique et intuitif.

18 – Le mieux est l’ennemi du bien

Même si votre jeu parait fluide et stable, essayez de le dégraisser un peu. Relisez l’étape 17. Il pourrait conserver son charme et sa mécanique tout en gagnant encore plus de plaisir de jeu.

19 – Créer un joli design

Le design est réellement plus important que ce que veulent bien vous dire les joueurs. C’est le secret d’une bonne immersion.
L’idée est de traiter les informations le plus rapidement possible. Il faudra alors user d’artifices visuels plutôt que tu texte (icône, pictogrammes, dessins).
Ceci dit, ne brûlez pas les étapes. Je ne vous ai pas dit de d’aboutir votre graphisme. L’illustration est réservée à la phase de l’édition.

Mon conseil : inscrivez-vous à ma newsletter en bas de page. Vous recevrez ainsi la parution de tous les articles consacrés à la réalisation d’un jeu.
Je travaille depuis plus de 20 ans dans les arts graphiques, je vous donnerai des conseils et astuces pour créer rapidement et simplement des graphismes sympa pour votre prototype.

20 – Penser coûts de production

Savez-vous combien coûtera la réalisation de votre jeu avant de le proposer à un éditeur ? Combien de cartes dispose votre jeu ? Est-ce qu’il est nécessaire de jouer avec des figurines personnalisées ?
Je ne vais pas citer toutes les questions dans ce chapitre. L’idée est de vous sensibiliser aux coûts globaux de conception de votre jeu.

Pour vous donner une idée, le mieux est de rencontrer des imprimeurs.
Il vous diront par exemple que découper une carte ronde coûte plus cher qu’une carte rectangulaire parce qu’il devront utiliser une forme de découpe personnalisée. Et c’est très cher à fabriquer.
Alors que découper des formes rectangulaires s’effectue à l’aide d’un massicot, c’est plus rapide, donc moins coûteux.

Pour vous donner une idée plus concrète, voici une liste des tarifs de vente par type de jeu en France :

  • Entre 10 et 15€ : jeu de carte
  • Entre 10 et 20€ : jeu d’apéro avec des dés
  • Entre 20 et 40€ : jeu d’ambiance, jeu entre amis, jeux pour enfants
  • Entre 25 et 45€ : jeu familial et jeu moderne
  • Entre 35 et 75€ : jeu pour joueur expert
  • Autour de 90€ : jeu contenant des figurines (Zombicide par exemple)
  • Plus de 95€ : gros jeu contenant des tonnes de jetons et des figurines, jeu collector, pack de jeu avec extensions.

21 – Être ouvert aux critiques

C’est la base pour un auteur de jeu, il faut savoir écouter les critiques. Pour éviter d’être offensé, essayez de vous détacher de votre jeu quand vous le présentez. Imaginez-vous en train de parler du jeu d’un ami. Cela vous aidera à absorber plus facilement les commentaires.

22 – Inscrire son jeu à des conventions et événements

Comme je le disais à l’étape 6, il est temps de présenter votre jeu à des joueurs inconnus. Rien de tel pour faire avancer votre prototype grâce à leurs commentaires.
Lors de conventions, distribuez des formulaires. Les joueurs pourront les remplir et les glisser dans une urne. Certains joueurs préféreront cette démarche pour vous dire honnêtement leur ressenti au lieu d’être complaisant face à vous.

23 – Distinguer son audience

Savez vous quelle est la cible de votre jeu ? Avez-vous tester votre jeu avec des enfants, des ados, des adultes ?
N’essayez pas de le positionner dans « tout public ». Un jeu ne peut pas être apprécié de tous.
Faites le tester avec des panels de joueurs de différents âges. Cela vous donnera une idée précise sur les limites de votre public.

La façon la plus pertinente pour découvrir la tranche d’âge idéale est de confier le jeu ainsi que les règles à un panel. Si des enfants de 8 ans ne comprennent pas les règles, alors que ceux de 12 ans ont terminé une partie avec plaisir, vous venez d’identifier votre tranche d’âge minimale.

24 – Éviter les jeux éducatifs

Un point à ne pas négliger, les éditeurs n’aiment pas trop les jeux éducatifs. Il faut dire que c’est chiant, et les enfants n’aiment pas ça. Bref, ces jeux se vendent mal.

25 – Ne déclinez pas des jeux basés sur des licences

Super, vous venez de créer un super jeu de plateau ou Mickey, Donald et ses amis doivent parcourir le parc de Disneyland.
Heu, question tout bête, avez-vous demandé l’autorisation à l’entreprise Disney pour produire votre jeu ?

Vous voyez ou je veux en venir ? Il faut absolument éviter de baser votre concept autour d’une licence avec droits d’auteurs, d’une marque, d’une enseigne. Bref, tout ce que l’on appelle la propriété intellectuelle (IP en anglais) C’est impossible à vendre auprès d’un éditeur si vous n’avez acquis les droits de diffusion.

Mon conseil : si votre jeu est basé sur une licence, inspirez-vous et détournez là suffisamment pour qu’elle ne soit pas reconnaissable.

26 – Ouvrir la partie à un maximum de joueur

Limiter son jeu en nombre de joueur peut être pénalisant. Certains jeux sont volontairement conçus pour être joué à 2. Ceci dit, avez-vous essayé avec plus de joueurs ? Ceci améliorerait vos chances et les faveurs d’un public.

27 – Votre jeu est-il rejouable ?

Est-ce que votre jeu peut-être rejoué plusieurs fois en conservant la surprise ?
Des jeux sont volontairement conçus avec un scénario, pas forcément linéaire, où il est nécessaire de jouer plusieurs parties pour en venir à bout.
Le problème est que lorsque la fin est connue pour un groupe d’amis joueurs, le jeu perd de son intérêt. Je pense notamment à Time Story. Afin de satisfaire ses fans, l’éditeur publie régulièrement des extensions avec d’autres scénarios.

D’autres jeux comme Unlock sont ce que l’on appelle des « one-shot » et assument ce positionnement. Une fois le scénario épuisé, la saveur et le piment ne sont plus présents puisque la combinaison pour gagner une partie est connue.

Rejouable à l’infini, ou one-shot, chaque jeu a son public.
Mon conseil pour débuter dans la création de jeu, serait d’opter pour un mécanisme simple et réutilisable, car la majorité des joueurs n’est pas prête à investir dans un jeu qui ne servira que quelques fois.

28 – Trouver l’inspiration sur des sites et forums

Puiser dans votre imagination ne sera pas suffisant pour créer le jeu de vos rêves. Partagez vos découvertes et inspirez-vous du travail d’autres auteurs sur des sites et forums les plus populaires. Voici une courte liste :

  • BoardGameGeek.com (anglais) site américain d’information sur le jeu de société
  • TricTrac, site français d’information sur le jeu
  • Forum TricTrac
  • Ludovox, site français d’actualités sur le jeu de société
  • GusAndCo, site communautaire helvétique sur le jeu de société

29 – Éditer ou s’auto-éditer ?

Ah, sacré dilemme. Détaillons les possibilités :

Soit vous proposez votre jeu à un éditeur,
Soit vous vous lancez dans l’édition, par la création d’un société, ou en publiant le jeu sur une plateforme de financement participatif (Kickstarter, Ulule),
Soit vous proposez le jeu en Print and Play (PNP).

Dans le dernier cas, il n’est pas prévu de gagner de l’argent. Le principe du PNP est de laisser à disposition de la communauté vos maquettes de votre jeu afin qu’elle puisse y jouer et le tester.

Petite anecdote au passage, les éditeurs n’apprécient pas trop de passer derrière une campagne de financement participatif, même si eux mêmes se servent parfois de ce dispositif.

30 – Vous êtes maître de votre jeu

Ce dernier conseil est volontairement à la fin pour qu’il marque votre esprit.
Je vous dis d’écouter les remarques des autres afin d’améliorer votre création. Cependant, tous les commentaires ne sont pas bons à prendre. Car certains joueurs vous proposeront des modifications en fonction de leur vision.

Or, c’est votre jeu, votre idée, votre concept. À vous de juger si telle ou telle remarque mérite un ajout dans vos règles.

J’espère que avez trouvé ces conseils pertinents et vous permettront d’achever votre super prototype. Vous voilà prêt pour l’étape ultime : séduire un éditeur et empocher un contrat.

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4 réponses sur “30 bonnes pratiques pour créer un jeu de société”

    1. Bonjour Benoit,
      Pour t’inscrire à la newsletter, je t’invite à indiquer ton email dans le champ dédié en haut de cette page, dans la colonne de droite. Juste en dessous du champ de recherche.
      A bientôt.

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